Histoire bregrave;ve d'une revue embleacute;matique libanaise avec analyse de ses prises de position eacute;ditoriales et tableau exhaustif de la poeacute;sie mondiale preacute;sente dans l'ensemble de la publication.
En janvier 1957, une nouvelle revue litteacute;raire domicilieacute;e agrave; Beyrouth-Liban, Boicirc;te postale 3608, voit le jour. Shilsquo;r est trimestrielle ; le reacute;dacteur en chef est Youssef el-Khal, le directeur de reacute;daction Kamal Al Gharib. La seacute;lection des poegrave;mes publieacute;s nrsquo;est pas soumise aux tendances artistiques des membres de la reacute;daction, car la seule regrave;gle en vigueur est laquo; le haut niveau artistique de lrsquo;oelig;uvre raquo;. Le droit de copie est reacute;serveacute; agrave; la revue, conformeacute;ment agrave; lrsquo;article 281 du 31 deacute;cembre 1956. Malgreacute; une allure de respectabiliteacute; institutionnelle, ses bureaux sont exigus et occupent un coin minuscule de lrsquo;imprimerie appartenant au Rafiq el-Khal, fregrave;re du fondateur.
Shilsquo;r (Poeacute;sie) est diffeacute;rente des autres revues arabes de lrsquo;eacute;poque et ressemble dans sa preacute;sentation comme son titre au fameux peacute;riodique ameacute;ricain du mecirc;me nom, Poetry1Aucun manifeste dans ce premier numeacute;ro, mais la traduction drsquo;un court texte du poegrave;te ameacute;ricain Archibald MacLeish en guise drsquo;eacute;ditorial. Par sa voix, Shilsquo;r affirme que la poeacute;sie est en soi un acte politique et qursquo;il nrsquo;est donc pas envisageable de la soumettre agrave; un discours ideacute;ologique quelconque. Pour ceacute;leacute;brer la naissance de la revue, son fondateur, le poegrave;te Youssef el-Khal (1917-1987), clarifia son projet dans une allocution prononceacute;e au Ceacute;nacle libanais : laquo; Lrsquo;avenir de la poeacute;sie arabe au Liban raquo;. Il proposait de reacute;former la prosodie arabe en rejetant lrsquo;ancien lexique au profit drsquo;un vocabulaire nouveau puiseacute; dans lrsquo;expeacute;rience et dans la vie quotidienne. Cette reacute;novation des formes devait favoriser des contenus poeacute;tiques neufs. eacute;valuer la tradition intellectuelle arabe, approfondir la connaissance de la production poeacute;tiques europeacute;enne pour beacute;neacute;ficier des expeacute;riences qui srsquo;y trouvaient lieacute;es et puiser son inspiration au coelig;ur de la vie quotidienne furent ainsi les conseils prodigueacute;s agrave; la nouvelle geacute;neacute;ration de poegrave;tes arabes.
Apregrave;s avoir enseigneacute; la litteacute;rature arabe agrave; lrsquo;universiteacute; ameacute;ricaine de Beyrouth, Youssef el-Khal passa sept anneacute;es agrave; New York avant de rentrer au Liban en 1955. De la conception au lancement de sa revue, une anneacute;e entiegrave;re fut neacute;cessaire. Pour cela, il avait multiplieacute; les contacts, sans grand succegrave;s. Accompagneacute; de quelques rares poegrave;tes libanais tels Khalil Hawi et Ounsi El Hage, il srsquo;inteacute;ressa agrave; drsquo;autres poegrave;tes arabes reacute;fugieacute;s agrave; Beyrouth. Adonis et Mohammed Al Maghout furent de ceux-lagrave;. Adonis allait jouer un rocirc;le important dans la revue puisqursquo;il fut secreacute;taire de reacute;daction du numeacute;ro 4 (automne 1957) au numeacute;ro 26 (printemps 1963).
En 1964, une crise violente eacute;clata, et la revue dut affronter diverses difficulteacute;s, financiegrave;res notamment : Youssef el-Khal avait en effet contracteacute; une dette drsquo;imprimerie eacute;norme (40 000 lires libanaises), et ne pouvait plus faire face. Par ailleurs la monteacute;e du nationalisme nasseacute;rien contribuait agrave; isoler Shilsquo;r agrave; laquelle ses deacute;tracteurs reprochaient de servir le parti de lrsquo;eacute;tranger en guerre contre le geacute;nie de la langue arabe.
Adonis quitta alors deacute;finitivement la revue et prit, peu de temps apregrave;s, la direction de la page culturelle du quotidien nasseacute;riste de Michel Asmar, Lisan Al Hal. Il explica quelques anneacute;es plus tard que Shilsquo;r avait cesseacute; drsquo;ecirc;tre novatrice : laquo; agrave; la fin de notre travail commun, jrsquo;ai vu plus clair et jrsquo;ai compris que ce que nous avions reacute;aliseacute; ndash; bien qursquo;il fucirc;t important ndash; nrsquo;eacute;tait guegrave;re suffisant ; surtout que la plupart de mes compagnons de travail se sont arrecirc;teacute;s, satisfaits de changer les seules meacute;thodes heacute;riteacute;es des anciens et nrsquo;ont jamais deacute;passeacute; cette eacute;tape vers la qualiteacute; et le senshellip; raquo;2
Cette explication toute personnelle fit reacute;agir Youssef Al Khal dans an Nahar le 10 juillet 1971 : laquo; Si ce que dit Adonis de Shilsquo;r est aveacute;reacute;, comment alors a-t-il pu combler ce vide en ralliant la revue arabiste nasseacute;riste de Souhail Idriss Al Aadacirc;b et Michel Asmar raquo;. Youssef Al Khal, qui rappelait qursquo;en 1961 Adonis deacute;clarait lui-mecirc;me que ces gens-lagrave; eacute;taient laquo; sans qualiteacute; ni sens raquo;3, conclut amegrave;rement son article sur un constat : laquo; pour Adonis, Shilsquo;r ne convenait plus agrave; son ambition, et eacute;tait devenue comme un obstacle agrave; sa reacute;ussite sociale et litteacute;raire. raquo; Cette avanie attrista Youssef Al Khal jusqursquo;agrave; sa mort.
Mais lrsquo;arrecirc;t de la premiegrave;re seacute;rie de Shilsquo;r est essentiellement ducirc; agrave; un problegrave;me du langage. Lrsquo;objectif de Youssef el-Khal fut toujours la reacute;novation de lrsquo;eacute;criture poeacute;tique arabe. Dans la derniegrave;re livraison de cette premiegrave;re seacute;rie (ndeg;31/32, eacute;teacute;/automne 1964), el-Khal constatait lrsquo;installation drsquo;un veacute;ritable laquo; mur de la langue raquo; entre la langue eacute;crite et la langue parleacute;e. Cette derniegrave;re, en effet, srsquo;enrichissait sans cesse des expeacute;riences quotidiennes du peuple, quand la premiegrave;re srsquo;enfonccedil;ait davantage dans lrsquo;acadeacute;misme, se placcedil;ant hors drsquo;atteinte des influences vivifiantes. Pour el-Khal, une reacute;volution poeacute;tique devait subvertir la langue eacute;crite par le langage de tous les jours et forger une langue litteacute;raire vivante. Elle devait ouvrir agrave; tout moment la syntaxe aux trouvailles des eacute;changes quotidiens. Huit anneacute;es drsquo;activiteacute;s aussi reacute;solues au sein de la revue Shirsquo;r ne parvinrent pas agrave; traverser ce mur.
En 1967, quelques mois apregrave;s la guerre de Six jours, Shilsquo;r connut un bref renouveau. Youssef el-Khal, El Hage, Chawki Abi Chacra, Issam Mahfouz, Fouad Rifka voulurent mettre le verbe en jeu dans ces moments brucirc;lants. Jusqursquo;en 1970, la revue expeacute;rimenta poeacute;sie et contestation dans un esprit drsquo;ouverture et de liberteacute;, alors que deacute;jagrave; les thurifeacute;raires de lrsquo;ideacute;ologie totalitaire triomphaient sans partage, precirc;ts agrave; emporter ce Liban de liberteacute;.
Les poegrave;tes eacute;trangers traduits dans la revue Shilsquo;r
Lrsquo;examen de lrsquo;inventaire proposeacute; ci-dessous montre lrsquo;ampleur du travail de traduction meneacute; par la revue Shilsquo;r. Cet inventaire rend compte systeacute;matiquement des oelig;uvres eacute;trangegrave;res publieacute;es au fil des ans dans les seules colonnes de cette publication. Lrsquo;entreprise, visant agrave; eacute;diter les oelig;uvres occidentales notables conduit, agrave; la fin des anneacute;es cinquante, agrave; la reacute;alisation de deux anthologies reacute;unissant, pour la premiegrave;re, un ensemble drsquo;oelig;uvres poeacute;tiques de T. S. Eliot, pour la seconde, un large eacute;chantillon de poegrave;mes ameacute;ricains. Si la poeacute;sie anglo-ameacute;ricaine (Whitman, Pound et Eliot) est agrave; lrsquo;honneur, la poeacute;sie franccedil;aise occupe cependant le premier rang. Le surreacute;alisme en particulier (gracirc;ce agrave; Ounsi El Hage) a fait lrsquo;objet drsquo;importantes eacute;tudes et mises au point.
Il est remarquable que des poegrave;tes occidentaux contemporains (Jacques Preacute;vert, Yves Bonnefoy, Octavio Paz, Louis MacNeice, Philip Larkin, W. S. Merwin, Pierre Emmanuel, Michel Butor, Tristan Tzara, Andreacute; du Bouchet, et drsquo;autres) aient directement collaboreacute; agrave; Shilsquo;r avec des textes ineacute;dits.
Si lrsquo;on note une absence de la poeacute;sie espagnole, est-europeacute;enne, allemande ou russe, on doit souligner dans la seconde seacute;rie une forte repreacute;sentation de la poeacute;sie du moment : celle-ci est marqueacute;e pour lrsquo;essentiel par des contestations sociales majeures (luttes aux eacute;tats-Unis contre la guerre au Vietnam, journeacute;es de mai agrave; Paris, etc.). Ainsi Shilsquo;r sacrifie aux rites de lrsquo;eacute;poque en ceacute;leacute;brant la poeacute;sie contestataire et tiers-mondiste et oublie quelque peu la poeacute;sie elle-mecirc;me.
Ndeg;1, hiver 1957
Ramon Jimenez, Platero y yo : Seacute;lection, pp. 65-72. Essai et traduction par la revue.
Ezra Pound : Canto I, pp. 73-81. Essai et traduction par la revue.
Emily Dickinson : Seacute;lection de poegrave;mes, pp. 82-87. Essai et traduction par la revue.
Ndeg; 2, printemps 1957
T. S. Eliot : Ash Wednesday, pp. 51-66. Traduit et commenteacute; par Munir Bachour.
Yves Bonnefoy : Sept poegrave;mes, pp. 67-74. Essai et traduction par la revue.
Ndeg;3, eacute;teacute; 1957
Galway Kinnel : The Schoolhouse, pp. 63-68. eacute;crit exclusivement pour la revue.
Edith Sitwell : Deux poegrave;mes, pp.69-72. Traduction de Jabra Ibrahim Jabra accompagneacute;e drsquo;un bref commentaire.
Reneacute; Char : Cinq poegrave;mes de Seuls Demeurent, extraits de Feuillets drsquo;Hypnose, de Poegrave;me Pulveacute;riseacute; et de La Fontaine Narrative, pp. 73-85. Essai et traduction par Henri el Kayem.
Ndeg;4, automne 1957
G. T. Scanlon : Wild with all regret, pp. 28-30. Traducteur non mentionneacute;.
Saint John Perse : eacute;troits sont les vaisseaux, pp. 38-89. Essai et traduction par Adonis.
Ndeg;5, hiver 1958
T. S. Eliot : Chap. 1de Murder in the Cathedral, pp. 33-76. Trad. non mentionneacute;.
Ndeg;6, printemps 1958
Paul Claudel : La Cantate agrave; trois voix, pp.49-97. Essai et traduction par Adonis et Reneacute; Habachi.
Ndeg;7-8, eacute;teacute;/automne 1958
Malgreacute; sa double numeacute;rotation, cette livraison est, en nombre de pages, la plus mince.
Walt Whitman : Quatre poegrave;mes et unlarge extrait de A Song of mysel, pp. 44-56. Traduction de la revue avec un essai (probablement de Youssef Al-Khal).
Ndeg;9, hiver 1959
Jules Supervielle : Huit poegrave;mes, pp. 48-66. Traduction par Georges Khouri. Essai par Hani Abu Saleh.
Jacques Preacute;vert : Poegrave;mes, pp. 67-87. Essai et traduction de sept poegrave;mes par Ounsi El Hage. Traduction de neuf autres poegrave;mes par Fawaz Traboulsi.
Ndeg;10, printemps 1959
Dylan Thomas : Dix poegrave;mes, pp. 54-73. Essai et traduction de lrsquo;anglais par Nadir Admah.
Lautreacute;amont : Le Chant de Maldoror, pp. 74-86. Traduction drsquo;un large extrait de premier chant par Chawqi Abi Chaqra. Essai par Hani Abu Saleh.
Ndeg;11, eacute;teacute; 1959
Arthur Rimbaud : Quatorze poegrave;mes, pp. 32-57. Essai et traduction par Chawqi Abi Chaqra.
William Butler Yeats : Poegrave;mes, pp. 58-78. Essai et traduction de sept poegrave;mes par Nadim Nalsquo;ima. Traduction de onze autres poegrave;mes et essai par Fouad Rifqa.
Ndeg;12, automne 1959
William Shakespeare : Hamlet. Acte premier, pp. 31-74. Traduction par Jabra Ibrahim Jabra.
Paul Valeacute;ry : Le Cimetiegrave;re Marin, pp. 75-90. Traduction en vers par Mostapha Al Khatib
Ndeg;13, hiver 1960
Salvatore Quasimodo : Vingt six poegrave;mes, pp.48-78. Traduction de lrsquo;italien et essai par Issa Al Naouri.
Ndeg;14, printemps 1960
Georges Shehade : Vingt trois poegrave;mes, pp. 44-56. Traduction par Adonis.
William Blake : Seacute;lection drsquo;oelig;uvres, pp. 57-83. Essai et traduction par Jabra Ibrahim Jabra. Preacute;sentation nouvelle du commentaire et de lrsquo;oelig;uvre non seacute;pareacute;s dans cette livraison.
Ndeg;15, eacute;teacute; 1960
A part ceux Jean-Pierre Jouve, tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Pierre Emmanuel : Ou est ton Dieu, pp. 12-33. traduit en arabe par Adonis.
Claude Vigeacute;e : La parole du monde, pp.50-51. Poegrave;me ineacute;dit, traducteur non mentionneacute;.
Pierre Jean Jouve : Vingt poegrave;mes, pp. 70-90. Traduction par Adonis. Essai par Henry el Kayiem.
Ndeg;16, automne 1960
A part ceux drsquo;Antonin Artaud, tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Louis MacNeice : Deux poegrave;mes, pp. 20-27. Ineacute;dit, traducteur non mentionneacute;.
Yves Bonnefoy : Jean et Jeanne, pp. 28-29. Ineacute;dit, traducteur non mentionneacute;.
Philip Larkin : Faith healing, pp. 40-43. Ineacute;dit, traducteur non mentionneacute;.
Elizabeth Jennings : To a friend in hospital, pp. 46-49. Ineacute;dit, traducteur non mentionneacute;.
W. S. Merwin : Home for thankgiving, pp. 50-55. Ineacute;dit, traducteur non mentionneacute;.
Antonin Artaud : Onze poegrave;mes, pp. 69-106. Essai et traduction par Ounsi El Hage.
Ndeg;17, hiver 1961
Numeacute;ro consacreacute; agrave; la Reacute;volution algeacute;rienne.
A part laquo; La Gangregrave;ne raquo;, tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Pierre Emmanuel : Les Justes, les bourreaux, pp. 12-23. Traducteur non mentionneacute;.
Henri Kreacute;a : La conjuration des eacute;gaux, pp. 27-71. Traduction par Chawqi Abi Chaqra.
Allain Jouffroy : La deacute;claration drsquo;indeacute;pendance, pp. 92- 123. Traducteur non mentionneacute;.
Pierre Emmanuel : Le Gangregrave;ne, pp. 141-144. Traducteur non mentionneacute;.
Ndeg;18, printemps 1961
Apart le poegrave;me de Lorca, tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Pierre Jean Jouve : Air magique, pp. 18-19. Traducteur non mentionneacute;.
Jacques Preacute;vert : Arbres, pp. 32-39. Traducteur non mentionneacute;.
Rodolfo Usigli : Soy un hombre colerico sin purprahellip;, pp. 40-43. Trad. non mentionneacute;.
Alain Bosquet : Trois poegrave;mes, pp. 54-59. Traducteur non mentionneacute;.
Tristan Tzara : printemps agrave; lrsquo;est, pp. 60-63. Traducteur non mentionneacute;.
Anthony Thwaite : Dead and gone, pp. 64-67. Traducteur non mentionneacute;.
Andreacute; du Bouchet : Trois poegrave;mes, pp. 74-77. Trad. non mentionneacute;.
Michel Butor : Diorama pour le museacute;um 1948, pp. 78-85. Traducteur non mentionneacute;.
Shaum Fitz Simon : The Youth Jesus, pp. 86-87. Trad. non mentionneacute;,
Reneacute; de Solin : Le voyeur, pp. 88-99. Traducteur non mentionneacute;.
Jean-Pierre Duprey : La fuite temporelle, pp. 100-103. Traducteur non mentionneacute;.
Robert Sabatier : Deux poegrave;mes, pp. 104-107. Trad. non mentionneacute;.
Federico Garcia Lorca : Llanto por Ignacio Sanchez Mej?as, pp. 108-122. Essai et traduction de lrsquo;espagnol par Moheyeddin Sobhi.
Ndeg;19, eacute;teacute; 1961
Tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Henri Michaux : Sous les yeux, pp. 14-17. Traducteur non mentionneacute;.
Jacques Preacute;vert : Arbres II, pp. 26-29. Traducteur non mentionneacute;.
Donald Davie : Veacute;zelay, pp. 30-33. Traducteur non mentionneacute;.
Andreacute; du Bouchet : Deux poegrave;mes, pp. 34-37. Traducteur non mentionneacute;.
Jacques Dupin : Deux poegrave;mes, pp. 42-45. Traducteur non mentionneacute;.
Arthur Gregor : Two poems, pp. 46-51. Traducteur non mentionneacute;.
Elie-Charles Flamand : Instants miroirs ardents de lrsquo;eacute;veil, pp. 52-55. Traducteur non mentionneacute;.
Andreacute; Pierre de Mandiarques : Le temps perdu, pp. 58-63. Traducteur non mentionneacute;.
Harold North : Precious stones, pp. 63-69. Traducteur non mentionneacute;.
Gabriel Audisio : Chansons drsquo;Eve, pp. 70-73. Traducteur non mentionneacute;.
Jean-Jacques Lebel : Deux poegrave;mes, pp. 74-81. Traducteur non mentionneacute;.
Ndeg;20, automne 1961
Reneacute; de Solin : Cinq poegrave;mes, pp. 62-67. Poegrave;mes eacute;crits exclusivement pour la revue. Traducteur non mentionneacute;.
Ndeg;21, hiver 1962
Tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement la revue.
Andreacute; Schmitz : Deux poegrave;mes, pp. 38-41. Traduction par Talal Haydar,
Christian Ghazi : Crsquo;eacute;tait le pas paisible, pp. 48-55. Traduction par Chawqi Abi Chaqra.
Kateb Yacine : La femme sauvage, deux actes drsquo;une piegrave;ce de theacute;acirc;tre eacute;crite exclusivement pour la revue, pp. 56-79. Traduction par Adonis.
Ndeg;22, printemps 1962
part ceux de F. G. Nafah, tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Kateb Yacine : Un ancecirc;tre en voyage, pp. 20-31. Trad. non mentionneacute;.
John Wain : Leaving Berkshire, pp. 52-55. Traducteur non mentionneacute;.
Fouad Gabriel Nafah : Vingt quatre poegrave;mes, pp. 69-90. Traduction par Adonis. Essai par Salah Steacute;tieacute;.
Ndeg;23, eacute;teacute; 1962
Robert Frost : Neuf poegrave;mes, pp. 78-100. Traduction et essai par Youssef Al-Khal.
Ndeg;24, automne 1962
Les poegrave;mes latino-ameacute;ricains (pp. 48-71) ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue et traduits de lrsquo;espagnol par Ali Izz el Dine.
Octavio Paz , Deux poegrave;mes.
Alexandra Pizarnik , Cinq poegrave;mes.
Roberto Juaroz, Un pied dans les racines et lrsquo;autre dans les nueacute;es.
Augusto Lunel, Le Chant.
Andreacute; Breton : Treize poegrave;mes, pp. 72-107. Essai et traduction par Ounsi El Hage.
Ndeg;25, hiver 1963
Apart ceux de Reverdy et de Cummings, tous les poegrave;mes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Christian Ghazi : Poegrave;me agrave; Daniele V., pp. 20-33. Traducteur non mentionneacute;.
Gaston Miron : Les siegrave;cles de lrsquo;hiver, pp. 40-41. Traducteur non mentionneacute;.
Pierre Reverdy : Vingt huit poegrave;mes, pp. 42-77. Essai et traduction par Chawqi Abi Chaqra.
E. E. Cummings : Neuf poegrave;mes, pp. 78-90. Essai et traduction par Elias Awad.
Ndeg;26, printemps 1963
Tous les textes eacute;trangers dans ce numeacute;ro ont eacute;teacute; eacute;crits exclusivement pour la revue.
Kateb Yacine : Une piegrave;ce de theacute;acirc;tre intituleacute;e Le Luth et la valise, pp. 25-70. Traduction par Ounsi El Hage.
John Wain : Wildtrack (Extrait), pp. 80-97. Traducteur non mentionneacute;.
Ndeg;27, eacute;teacute; 1963
John Holloway : Quatre poegrave;mes, pp. 42-51. eacute;crit exclusivement pour la revue. Traduction par Elias Awad.
Paul Eluard : Treize poegrave;mes, pp. 52-80. Essai et traduction par Issam Mahfouz.
Ndeg;28, automne 1963
Fouad Itr : Quatre poegrave;mes, pp. 55-63. Traducteur non mentionneacute;.
Walt Whitman : Six poegrave;mes, pp. 64-80. Traduction par Youssef Al-Khal.
Octavio Paz : La conseacute;cration de lrsquo;instant et un texte theacute;orique sur la poeacute;sie tireacute; de Lrsquo;arc et la lyre, pp. 81-88. Traducteur non mentionneacute;.
Ndeg;29-30, hiver/printemps 1964
Guillaume Apollinaire : Huit poegrave;mes, pp. 43-74. Essai et traduction par Chawqui Abi Chaqra.
Ezra Pound : Sept poegrave;mes, pp. 75-83. Traduction par Youssef Al Khal.
Ndeg;31-32, eacute;teacute;/automne 1964
(dernier numeacute;ro double de la seacute;rie 1)
Henri Michaux : Onze poegrave;mes, pp.54-70. Essai et traduction par la revue (probablement par Ounsi El Hage).
Louis Aragon : Quinze poegrave;mes, pp. 71-104. Essai et traduction par la revue (probablement par Ounsi El Hage).
W. H. Auden : Quatre poegrave;mes, pp. 105-116. Essai et traduction par la revue.
Deuxiegrave;me seacute;rie
Ndeg;33/34, hiver/printemps
Pablo Neruda : Seacute;lection de poegrave;mes, pp. 107-134. Traduction par Henry Farid Saab.
Ndeg;35, eacute;teacute; 1967
Rainer Maria Rilke : Treize poegrave;mes, pp. 40-57. Preacute;sentation et traduction par Fouad Rifqa.
Dans la chambre de Jacques Preacute;vert, pp. 58-68. Entretien avec Ounsi El Hage.deg;36, automne 1967
Poeacute;sie du tiers monde, pp. 49-74. Poegrave;mes de protestation traduits de plusieurs langues. Traducteurs non mentionneacute;s.
Ndeg;37, hiver 1968
Mascha Siebers : Huit poegrave;mes (allemands), pp. 36-49. Traducteur non mentionneacute;.
James Elroy Flecker : Trois poegrave;mes, pp. 74-78. Traducteur non mentionneacute;.
Seacute;lection de poeacute;sie turque contemporaine, pp. 79-103. Preacute;sentation et traduction par Salim Al Bassous.
Ndeg;38, printemps 1968
Seacute;lection de poeacute;sie armeacute;nienne, pp. 76-97. Preacute;sentation et traduction par Gregor Chahenian et Antoine Bustani.
La poeacute;sie sur les murs de Paris, pp. 107-116: Traduction par Edmond Saab de deux pages de poeacute;sie anonyme publieacute;e le premier juin 1968 par Le Monde sous le titre : Poeacute;sie des jours de mai.
Ndeg; 39, automne 1968
Ougrave; en est le Vietnam ? pp. 37-80. Seacute;lection de poegrave;mes ameacute;ricains protestant contre la guerre du Vietnam (parmi eux : Lawrence Ferlinghetti, Denise Levertov, Robert Creeley, Etel Adnan). Preacute;sentation et traduction par Sargon Boulus. Illustrations par Waddah Faris.
Ndeg;40 hiver, 1968
La Beat Generation : seacute;lection de poegrave;mes de: Gary Snyder, Michael McClure et Allen Ginsberg, pp. 61-95. Preacute;sentation et traduction par Sargon Boulus.
T. S. Eliot : The Waste land, pp. 103-124. Traduction par Louis Awad, preacute;vue en 1964 pour la premiegrave;re seacute;rie.
Ndeg;41, hiver 1969
Seacute;lection de poeacute;sie iranienne, pp. 111-131. Preacute;sentation et traduction par Said Ali.
Ndeg;42, printemps 1969
Wallace Stevens : The Sunday morning, pp. 54-69. Essai et traduction par Abdul Wahid Louloua.
Ndeg;43, eacute;teacute; 1969
W.S.Merwin : Seacute;lection de poegrave;mes, pp. 37-54. Traduction par Sargon Boulus.
Ndeg;44, automne 1970
Kateb Yacine : Scegrave;ne tireacute;e de Lrsquo;homme aux sandales de caoutchouc, pp. 21-29. Traducteur non mentionneacute;.
Hans Bender : La poeacute;sie politique contemporaine en Allemagne, pp. 97-103. Traducteur non mentionneacute;.
Bertoldt Brecht : Extrait de Der Kaukasische Kreidekreis, pp. 104-111. Traduction par Naji Najib.
Sadiq Hedayat : Un chapitre du roman La Chouette aveugle, pp.112-133. Traduction par Salim Souais.
De la traduction et de ses effets
Shilsquo;r est la premiegrave;re revue arabe moderne agrave; consacrer un large espace aux poegrave;tes eacute;trangers. Elle invite ses lecteurs agrave; appreacute;hender enfin la moderniteacute; contemporaine des expeacute;riences poeacute;tiques occidentales. Souvent accompagneacute;es drsquo;amples et profonds articles biographiques, ces traductions, malgreacute; certaines faiblesses, jouegrave;rent un rocirc;le consideacute;rable dans le renouvellement de lrsquo;inspiration poeacute;tique et eurent un grand retentissement aupregrave;s de la jeunesse. La deacute;couverte de lrsquo;image arbitraire connut une fortune nouvelle parmi les poegrave;tes arabes. Par ailleurs, le voelig;u de Lautreacute;amont concernant la rencontre drsquo;une machine agrave; coudre et drsquo;un parapluie sur une table de dissection ayant trouveacute; de maniegrave;re fortuite parmi les traducteurs arabes neacute;gligents agrave; srsquo;exaucer malencontreusement, laquo; la revue Shilsquo;r modifia agrave; dessein la meacute;thode de traduction.
Les traducteurs arabes avaient lrsquo;habitude non seulement de transmettre le texte poeacute;tique drsquo;une maniegrave;re approximative, mais aussi de lsquo;lrsquo;arabiserrsquo; en le donnant agrave; lire dans un style purement arabe, souvent affecteacute;. Or, en respectant litteacute;ralement le texte, la revue Shilsquo;r a permis de deacute;couvrir, autant qursquo;il eacute;tait possible de le faire, les ideacute;es et lrsquo;univers de lrsquo;auteur mais aussi les particulariteacute;s syntaxiques et les subtiliteacute;s stylistiques de la composition. raquo; Creacute;ditant Shirsquo;r drsquo;une telle ouverture feacute;conde, Kamal Kheir Beik poursuit dans son livre, Le mouvement moderniste de la poeacute;sie arabe contemporaine (Paris, Publications Orientales de France, 1978) que la poeacute;tesse irakienne laquo; Nazik al-Malacirc;rsquo;ika a critiqueacute; seacute;vegrave;rement [cette approche, la] consideacute;rant comme un deacute;fi et un outrage agrave; la logique et au geacute;nie de la langue arabe. Elle srsquo;arrecirc;te sur cet
extrait traduit drsquo;un poegrave;me de Jacques Preacute;vert 4 :
laquo; Lrsquo;acirc;ne, le roi et moi
Nous serons morts demain
Lrsquo;acirc;ne de faim
Le roi drsquo;ennui
Et moi drsquo;amour raquo;
Al-himacirc;r, al-malik wa rsquo;nacirc;
Sa-nakucirc;nu amwacirc;tan gadan
Al-himacirc;ru mina-l-oucirc;lsquo;
Al-maliku mina-d-daocirc;ar
Wa rsquo;nacirc; mina-l-hubb.
Elle suggegrave;re une autre traduction plus approprieacute;e agrave; lrsquo;esprit et au style arabe : Anacirc; wa-l-himacirc;ru wa-l-maliku sanakucirc;nu kullunacirc; rsquo;amwacirc;tan fi-l-gadd. Yamucirc;tu-l-himacirc;ru mina-?-?ucirc;lsquo;i wa-l-maliku mina-d-da?ar, wa rsquo;amucirc;tu acirc;na mina-l-hubb.
Notes
1-Il srsquo;agit de la revue mensuelle Poetry : a magazine of verse, fondeacute;e agrave; Chicago e, 1912 par Harriet Monroe. Jamais limiteacute;e agrave; une conception de la poeacute;sie, cette revue a alimenteacute; de nombreuses poleacute;miques notamment sur le vers libre et lrsquo;eacute;xperimentalisme poeacute;tique. Shirsquo;r srsquo;est inspireacute; de Poetry au point drsquo;eacute;pouser les mecirc;mes pris et poleacute;miques.
2-Adonis, Mawaqif, ndeg;15, mai/juin 1971
3-Lettre drsquo;Adonis agrave; Youssef al-Khal, publieacute;e dans Shirsquo;r, ndeg;18, printemps 1961
4- Il s'agit de ldquo;Chanson du mois de mai. Histoirerdquo;, p. 38. Voir la traduction d'Ounsi El Hage dans Shi'r, ndeg;9, 1959, p. 7.

Seacute;ance du jeudi du groupe Shi'r
